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lundi 18 avril 2016

Partir en expatriation, c'est mourir un peu


Quand j'ai découvert le superbe poème d'Edmond Haraucourt, "Partir, c'est mourir un peu", j'ai trouvé qu'il correspondait parfaitement à ce que l'ont ressent lorsque l'on part vivre à l'étranger quelle que soit la raison.


Tous les expatriés, exilés ou migrants se reconnaîtront dans ces quelques vers, car partir c'est mourir un peu socialement, professionnellement et culturellement.

Mais partir, c'est aussi se réinventer tout le temps.

Rondel de l'adieu

Partir, c'est mourir un peu,
C'est mourir à ce qu'on aime : 
On laisse un peu de soi-même
En toute heure et dans tout lieu.

C'est toujours le deuil d'un voeu,
Le dernier vers d'un poème ; 
Partir, c'est mourir un peu.

Et l'on part, et c'est un jeu,
Et jusqu'à l'adieu suprême
C'est son âme que l'on sème,
Que l'on sème à chaque adieu ...
Partir, c'est mourir un peu. 

Edmond Haraucourt dans Seul, roman en vers, 1890


jeudi 3 mars 2016

L’Express Réussir Oser le monde : les clefs de l’expatriation

L’Express Réussir Oser le monde : les clefs de l’expatriation

Depuis la fin du mois de janvier, vous pouvez trouver dans les kiosques le hors série L’Express Réussir Oser le Monde - Les clefs de l’expatriation (n° 36 - février-mars 2016).
Si je vous en parle, c’est évidemment parce que ce numéro spécial traite de la vie à l’étranger et d’expatriation mais aussi parce que … je suis dedans !!


Le 14 septembre 2015, je trouve dans ma boîte mail un message de Natacha Czerwinski, journaliste pour le magazine L’Express. Elle souhaite m’interviewer sur mon parcours de multi-expatriée. Elle m’explique qu’un article du prochain Hors Série de L’Express portera sur les profils de serial expat. Le rendez-vous est pris et je la rencontre le 22 septembre 2015 sur Skype. Nous passons alors plus d’une heure à parler et à échanger sur des questions et des thématiques qui sont au coeur de ce blog : 
  • l’adaptation individuelle mais aussi celle des enfants et de la famille expatriée à chaque nouveau pays et à chaque nouvelle culture ;
  • le rapport entretenu avec la France et notre entourage resté au pays ;
  • les avantages et les inconvénients du mode de vie nomade ainsi que son implication sur ma vie professionnelle. 
À la fin du mois de janvier 2016, une belle surprise m’attendait dans la boîte aux lettres de mon appartement : un exemplaire tout beau et tout chaud de  L’Express Réussir ! 
Je découvre alors mon témoignage dans l’article de Natacha Czerwinski intitulé « Expat’ un jour, expat’ toujours » (page 10-13), un titre qui me va comme un gant quand on est l’auteur du blog Expat Forever, vous ne trouvez pas ? Mes propos ne sont cités que deux fois dans l’article mais en le lisant, je retrouve toutes les thématiques que Natacha a abordé avec moi en entretien. 




D’une manière générale, je trouve ce magazine très complet et riche dans son approche de l’expatriation. Il traite de manière dense les problématiques essentielles de l’expatriation à travers les  thèmes transversaux suivants : Partir vivre à l’étranger, travailler à l’étranger, entreprendre à l’étranger, étudier à l’étranger, vivre à l’étranger. Chaque thème est complété par des gros plans sur des pays ou des villes, des double-pages pratiques (5 pièges à éviter, 10 destinations valeurs sûres, Expatriation mode d’emploi, Passeport pour l’Europe) et des témoignages (Ils l’ont fait).  C’est un bon point de départ pour se familiariser avec le sujet si l’on a pour projet de s’expatrier dans l’année qui vient et au-delà ou de réaliser son premier séjour à l’étranger (VIE, PVT, Erasmus Plus). 

Deux articles ont retenu mon attention de conjointe multi-expatriée et blogueuse : 
  • celui de Julie Thoin-Bousquié (page 18-19), « Ma femme largue les amarres » qui explore le sujet de la femme expatriée, c’est-à-dire lorsque le salarié expatriée est une femme et que le conjoint accompagnateur est un homme, ce qui soit en dit en passant est encore relativement rare comme l’explique la journaliste en citant l’étude d’Expat Communication : « 91% de ceux qui suivent dans le cas d’une mobilité de couple sont des femmes. »
  • celui de Natacha Czerwinski (page 82-83), intitulé « À vos blogs ! », qui démontre qu’avoir un blog en expatriation est fort utile d’un point de vue personnel mais aussi professionnel. Je ne vais pas dire le contraire ! 
Si vous aussi, vous avez lu le hors série L’Express Réussir Oser le Monde - Les clefs de l’expatriation, dites-moi ce que vous en avez pensé en laissant un commentaire.


Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation !

mardi 16 juin 2015

Expat Forever est le blog du mois sur Expatclic

Hello / Nihao / Bonjour  ...


juste un petit billet en passant pour vous informer qu'Expat Forever est le blog du mois (juin 2015) sur le site Expat Clic.


Merci à Claudia pour cette interview ciblée sur les raisons qui m'ont amenées à créer mon blog en expatriation, pourquoi cet espace virtuel d'expression est important pour moi et ce qu'il m'a apporté.

Après avoir lu cet entretien, je vous encourage à faire un tour sur ce site multilingue dédié aux femmes expatriées. Vous y trouverez beaucoup d'information et de ressources utiles à votre vie  à l'étranger.

À bientôt sur Expat Forever !

Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation

mardi 21 avril 2015

Les dix mots clefs d’une conjointe accompagnatrice multi-expatriée

Dix mots clefs d'une conjointe accompagnatrice expatriée

Voici mes dix mots clefs de conjointe accompagnatrice multi-expatriée qui définissent la réalité de mon quotidien.

1- Blog

Mon blog a été un élément essentiel de mon bien-être à l’étranger. D’ailleurs ce n’est pas pour rien si je blogue depuis bientôt cinq ans, ce qui sur l’échelle du blogging n’est pas rien, car la durée de vie moyenne d’un blog est de 3 à 6 mois. 
Vous vous demandez, ce que bloguer m’a apporté ? C’est un sujet de billet en soi dont j’ai déjà parlé par ailleurs, mais pour résumer bloguer en expatriation permet de se donner une routine, de développer des compétences professionnelles en communication, en marketing et webmarketing, de dégager du temps pour soi, de se donner des objectifs personnels et professionnels, de rencontrer de nouvelles personnes localement et globalement, de partager ses découvertes, etc … Mais un des principaux avantages du blogging est sa portabilité. Quand on est multi-expat, c’est plutôt important, non ? 

2- Créativité

Dans l’imaginaire collectif, femme + expatriation + créativité = peinture sur soie, céramique et noeuds chinois. Sauf que je trouve cette conception un peu années 50 et que créativité ne rime pas qu’avec macramé ! Mais ne vous méprenez pas, je n’ai rien contre les activités Do It Yourself. Simplement, je trouve que cette vision de la conjointe accompagnatrice est très réductrice et renvoie la femme expat à ses fourneaux, si je puis dire … Selon moi, la créativité signifie bien plus que cela. C’est aussi trouver des solutions originales à ses difficultés. C’est penser en dehors du cadre que la société nous impose, c’est sortir de sa zone de confort pour régler ses problèmes, c’est retourner une situation défavorable ou inconfortable en sa faveur. Et vivre dans un contexte d’expatriation récurrente nous oblige à développer ce type de créativité. D’ailleurs une étude scientifique très sérieuse l’a démontré et je ne suis pas surprise par de telles conclusions.

3- Distance / Décalage

En expatriation, elle est toujours là, la distance. Elle est d’abord physique : on a mis des milliers de km entre soi et les siens. Elle est aussi symbolique et le mot distance devient décalage. On est en décalage avec son nouvel environnement culturel, avec sa famille et ses amis restés au pays, avec son conjoint qui est aspiré par son activité professionnelle, avec ses enfants qui telles des éponges se fondent à vitesse grand V dans la culture locale oubliant leurs racines, les vôtres.

4- Doute

Ce mot va de paire avec le précédent. Ils fonctionnent un peu comme les personnages de Dupont et Dupond dans Tintin. Après le décalage, le doute vous prend à la gorge mais grâce à la créativité (voir plus haut) qui est en chacune de nous, on lui tord le cou ! Et on passe à l’étape suivante.

5- Écriture

Tout comme le blogging, l’écriture (créative et non-fictionnelle) a été un élément facilitateur dans mon quotidien de conjointe accompagnatrice multi-expatriée. Cette activité d’abord très personnelle est devenue mon activité professionnelle avec la création de Writer Forever. Elle est devenue mon fil d’Ariane dans un contexte de mobilité récurrente et m’a apporté une stabilité professionnelle et émotionnelle au quotidien. L’écriture m’a permis de réduire la distance physique,  les décalages symboliques et de limiter le doute.

6- Flexibilité

Elle fait partie du quotidien de toutes les femmes. Mais en expatriation, je trouve qu’elle prend une autre dimension, comme si on passait en 3D ! D’ailleurs, c’est un danger car cela peut nous amener à accepter des activités ou des situations qu’au fond de nous on ne souhaite pas. Alors, oui à la flexibilité mais pas trop non plus.

7- Humeur

Elle peut être très variable en expatriation et elle est intrinsèquement liée à ce fameux choc culturel qui peut nous jouer des tours. Lorsqu’on est multi-expatrié, il faut apprendre à surfer sur la fameuse courbe en U du choc culturel qui se répète au gré des déménagements internationaux. 

8- Résilience

D’après mon dictionnaire, la résilience est l’ « aptitude à faire face avec succès à une situation représentant un stress intense en raison de sa nocivité ou du risque qu'elle représente, ainsi qu'à se ressaisir, à s'adapter et à réussir à vivre et à se développer positivement en dépit de ces circonstances défavorables ». D’abord utilisé en physique des matériaux pour la résistance aux chocs, ce terme s’emploie désormais aussi en psychologie. Sa définition correspond particulièrement bien à ce par quoi passe les expatriés et les multi-expatriés lors de l’étape de la transition culturelle. Tout cela pour dire qu’il y a de l’espoir : l’être humain s’adapte à toutes les situations. C’est ce qui me permet désormais de garder une humeur constante : je sais que je suis résiliente !

9- Solitude

Qu’on le veuille ou non, en expatriation on est toujours plus ou moins seul, notamment au début. Lors de ma première expatriation en Norvège (en couple et sans enfant), je me rappelle avoir passé plusieurs jours d’affilée sans parler à personne, sans comprendre personne … Soit on apprend à vivre avec, soit on trouve des solutions. En ce qui me concerne, je navigue entre les deux et ça me va bien. 

10- Travail

Le travail ou l’emploi peut selon les cas être un problème pour les conjoints accompagnateurs expatriés et multi-expatriés. Cela en fut un pour moi pendant longtemps, car je souhaitais continuer à travailler au sens classique du terme. Or cela n’a pas toujours été possible. Je crois qu’au fil du temps la notion même de travail et la conception que j’en avais a énormément évolué. Je n’en ai sans doute plus une définition classique, ce qui m’a d’ailleurs amené à créer une activité portable et pérenne conciliable avec mon mode de vie. Ce qui est énervant au quotidien, c’est la vision qu’on les autres de votre activité. Car il ne faut pas se voiler la face, la plupart de mes interlocuteurs actifs (salariés) pensent que je ne travaille pas (traduction : que je n’en fous pas une, que j’ai trop de la chance de me la couler douce). Sauf que …, c’est tout le contraire !


Voilà, c’était mes 10 mots clefs de conjointe accompagnatrice multi-expatriée. Et vous, quels sont les vôtres ? N’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires.

Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation. 




mardi 14 avril 2015

La recette d'une expatriation réussie

recette d'une expatriation réussie

Aujourd'hui, je partage avec vous un texte que j'ai écrit en décembre 2014 dans le cadre du café écriture de Shanghai. Il a été publié dans les Carnets de l'AFCA* (n°86) de mars 2015. J'y aborde avec un peu d'humour ma vision de l'expatriation tout en y distillant quelques conseils pratiques de base pour bien s'y préparer. Voici donc si tant est qu'il en existe une, ma recette d'une expatriation réussie ! 


Ingrédients : 
  • un couple
  • des enfants (ou des ados pour plus de piment)
  • parents et amis
  • une destination, voulue de préférence
  • une bonne douzaine d’oeufs de la communication
  • 1 kg de courage
  • 750 g d’organisation
  • 700 g de flexibilité (prévoir un peu plus pour le conjoint accompagnateur)
  • un sachet de détermination
  • un extrait de persévérance
  • un extrait de patience
  • un brin de folie
  • plusieurs pincées de créativité, d’humour et de bonne humeur
  • un zest d’audace
Ustensiles :
  • des valises solides
  • un ou deux avions et des billets
  • un ordinateur portable
  • des téléphones mobiles
  • une ou deux tablettes
  • une très bonne connexion internet
Temps de préparation : 
  • au moins six mois en théorie
  • beaucoup moins dans la pratique
Temps de cuisson :
  • variable en fonction de la destination
  • bien surveillé le début de la cuisson pour éviter tout risque de débordement (burn out, dépression)
Temps de réalisation :
  • 6 mois à un an pour l’adaptation
  • un an et demie pour la dégustation
  • 6 mois pour la préparation au retour ou à un nouveau départ
Préparation 
  • Avec votre conjoint et vos enfants, cassez les oeufs de la communication et séparez l’écoute et la discussion. Mélangez l’écoute avec 500 grammes de courage. Rajoutez la destination sans oublier le sachet de détermination, essentielle à l’ensemble du projet. Réservez les 500 grammes de courage restant pour plus tard. Vous en aurez besoin. Travaillez suffisamment longtemps ce mélange jusqu’à ce que vous obteniez la bonne décision. Ajoutez progressivement l’organisation. Réservez.
  • Battre très ferme la discussion. Quand elle commence à monter, ajoutez deux cuillers à café de courage supplémentaire. 
  • Incorporez délicatement les deux mélanges obtenus précédemment. Présentez le tout à votre famille et à vos amis et incorporez les doucement à leur tour. Laissez reposer le tout pendant quelques temps, histoire que tout le monde s’habitue à cette nouvelle donne. Observez et écoutez les réactions.
  • Faites chauffer l’ambiance en obtenant un maximum d’information sur votre destination. Les plus chanceux auront pu goûter à un échantillon de la préparation grâce à un voyage découverte. N’oubliez pas d’intégrer vos enfants ou ados à cette étape de la préparation.
  • Prélevez un peu d’organisation auquel vous ajoutez un extrait de persévérance. Vous obtiendrez les passeports, les visas, les billets d’avion, les inscriptions à l’école, les devis de déménageurs, les bilans médicaux, la mise en vente ou en location de votre logement, etc …
  • Utilisez encore quelques grammes d’organisation, un brin de folie et une pincée de créativité pour planifier des fêtes d’au revoir pour vous, votre famille et vos amis mais aussi pour vos enfants et leurs tribus de copains. 
  • Beurrez vos valises, versez-y la préparation mais aussi tous vos espoirs, le zest d’audace et une bonne dose de flexibilité. Enfournez le tout dans l’avion.
Décoration par le conjoint accompagnateur 
  • Laissez refroidir la préparation.  Profitez-en pour prendre le temps de vous installer, de découvrir votre nouvel environnement, de prendre vos marques et de créer un réseau et des routines pour toute la famille. Ce sera la base de votre décoration. 
  • En parallèle, vous pouvez commencer à apprendre la langue du pays. C’est ainsi que vous allez pouvoir incorporer de nouveaux ingrédients et donner une saveur unique à votre parcours personnel et professionnel.  
  • Puisez dans votre stock de flexibilité, de créativité et d’audace pour réfléchir à votre projet personnel dans le cadre de cette expatriation. Vous allez créer une recette à votre image.
  • Veillez aux débordements éventuels de la garniture du au choc culturel inévitable que vous vivrez lors de la première année. Rajoutez un peu d’extrait de patience dans votre thé ou café quotidien.
  • Saupoudrez le tout avec une bonne dose d’humour et vous passerez le cap sans difficultés.
  • Pensez à renouveler sans cesse votre stock de communication pour l’utiliser à bonne escient avec votre conjoint et votre progéniture.
Dégustation en famille 
  • Dégustez avec votre conjoint et vos enfants en visitant largement votre pays d’accueil. Profitez et concentrez-vous sur les aspects positifs de cette nouvelle vie à l’étranger.
  • Sans en abuser, incorporez régulièrement vos parents et amis en leur faisant goûter votre nouveau mode de vie.
  • Gardez le contact avec eux en utilisant sans exagérer de nouveaux ustensiles de cuisine : skype, Facetime, e-mail, blog, newsletter et compagnie.
Conseil de conservation 
  • Veillez à la date limite de consommation et pensez dès votre départ … à votre retour.

Et vous, avez-vous des "recettes" pour vivre sereinement votre séjour à l'étranger ? N'hésitez pas à les partager dans les commentaires. 

Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation ! 

*AFCA : Association Française des Conjoints d'Agents du Ministère des Affaires Étrangères

lundi 6 avril 2015

Qui fait quoi en expatriation ?

Qui fait quoi en expatriation ?

En cette période de préparation à une expatriation, à un retour d’expatriation ou à une transition vers un nouveau pays d’accueil (pour les multi-expats), il est l'heure de se poser la question suivante : qui fait quoi dans le couple expatrié ? 

J’ai essayé de poser les questions de la manière la plus anonyme possible. L’objectif est simplement de mettre en relief le rôle de chacun pour qu’au final, en fonction des situations, une certaine forme d’équilibre soit rétablie si nécessaire. À vous de jouer !

Déménagement de la France vers l’étranger, d’un pays étranger à l’autre, de retour d’expat
Qui prend contact par e-mail ou téléphone avec les sociétés de déménagement pour obtenir des devis ?
Qui reçoit une par une ces entreprises pour l’estimation du cubage ?
Qui réalise le suivi avec les entreprises de déménagement ?
Qui fait le tri entre ce qui doit être emmené, revendu, donné ?
Qui revend ou donne (avec tout ce que cela implique) ?
Qui le jour du déménagement est là de bout en bout ?
Qui le jour de l’emménagement est là de bout en bout ?

Recherche du logement en expatriation et retour d’expatriation
Qui réalise les recherches pour savoir où habiter à l’étranger ou de retour en France ?
Qui recherche concrètement le logement une fois sur place à l’étranger ?
Qui prend contact avec des personnes localement pour obtenir des infos et avoir un ressenti afin de prendre les meilleures décisions ?

Recherche d’école
Qui fait la recherche / sélection des écoles à l’étranger (expatriation) ou en France (retour d’expat) ?
Qui prépare les dossiers d’inscription dans de nouvelleS écoleS à l’étranger (expatriation) ou en France (retour d’expat) ?
Qui fait  en conséquence le suivi téléphonique et par e-mail pour que tous les documents et renseignements arrivent à bon port et que l’inscription se finalise ?
Qui réalise les visites des écoles pendant un séjour en France un an ou six mois avant le retour dans le cas d’un retour d’expat ?
Qui prend les RDV en amont pour ces visites ?
Qui fait les recherches en cas de changement d’école pendant le séjour à l’étranger (oui, ça arrive) ?

Suivi scolaire au quotidien à l’étranger
Qui à l’étranger assure le relationnel avec l’école d’un point de vue administratif, souvent dans une langue étrangère ?
Qui va aux réunions parents-prof autrement dit assure le suivi académique, souvent dans une langue étrangère ?
Qui explique et vérifie les devoirs au quotidien (dans une langue étrangère si votre enfant est dans une école locale ou internationale) ?
Qui fait les cours de français du CNED ou tout autre organisme d’enseignement du français à distance, le week-end et pendant les vacances scolaires (si votre enfant est dans une école locale ou internationale) ?
Qui réalise le suivi et la gestion administrative avec le CNED ou tout autre organisme d’enseignement du français à distance ?
Qui emmène les enfants à l’école, aux entraînements du soir et du week-end, aux playdates et aux anniversaires ?

Vie quotidienne
Qui apprend la langue étrangère du pays d’accueil ? 
Qui explore le quartier et la ville pour trouver les meilleures adresses dans tous les domaines de la vie quotidienne ?
Qui fait les courses dans trois voire quatre supermarchés différents pour réussir à faire des menus équilibrés et maintenir une routine alimentaire à la française ?
Qui paient les factures d’électricité, d’eau, de téléphone dans une langue étrangère ?
Qui assure le relationnel et le suivi administratif avec le propriétaire du logement à l’étranger dans une langue étrangère ?
Qui enquête pour trouver le meilleur médecin, dentiste, orthodontiste, hôpital à l’étranger ?
Qui gère le suivi médical et dentaire des enfants à l’étranger (donc dans une langue étrangère) ?
Qui assure le suivi administratif avec son assurance médicale privée et/ou sa mutuelle compte tenu du décalage horaire ?
Qui gère les comptes ?
Qui paie les impôts et autres taxes en France et/ou à l’étranger ?
Qui assure le suivi administratif de votre logement en France si vous ne l’avez pas vendu avant votre départ ?

Vie sociale et familiale
Qui entretien les relations familiales et amicales à distance par Skype, FaceTime, e-mail, newsletter, blog et compagnie ?
Qui crée un nouveau réseau social et amical à chaque expatriation ?
Qui organise les fêtes d’anniversaire des enfants, les fêtes d’au revoir, les playdates pour qu’ils se fassent des amis ?
Qui achètent sur place (donc à l’étranger) les cadeaux de noël et d’anniversaire de la part de toute la famille restée en France ? 
Qui achètent les cadeaux pour la famille en France (noël et anniversaires) et les envoient depuis l’étranger ?
Qui organise les vacances et les voyages en France et à l’étranger ?

Emploi
Qui travaille à plein temps ?
Qui est le salarié expatrié ?
Qui cherche du travail ?
Qui n’a pas le droit de travailler ?

D’autres questions vous viennent à l’esprit ? Rajoutez-les en commentaire.

Partageons notre expérience pour mieux vivre notre expatriation. 

lundi 23 mars 2015

Mon interview sur Calliframe


Christelle Bourgeois, webdesigner, est la fondatrice du site Calliframe. Sur son blog intégré, elle tient une rubrique intitulée « Découvrir la vie d’expat ». Elle m’a interviewé sur mon parcours d’expatriée et les aspects créatifs de mon quotidien d’écrivain

Merci Christelle pour cet entretien pas comme les autres qui se penche sur la question de la créativité en expatriation

Merci de diffuser, de partager, de liker, de twitter !!!

Crédit Photo : Free Digital Photos


lundi 16 février 2015

Mon interview sur Easy Expat

Easy Expat m'a interviewé à propos de mon parcours d'expat et de mes activités d'écriture (rédaction d'ouvrages, accompagnement à l'écriture). 

L'entretien se trouve sur leur blog, les chroniques de l'expatriation sous le titre : une multi-expatriée partage son expérience et parle de ses activités d'écriture.

Merci de diffuser, de partager, de liker, de twitter !!

Merci à l'équipe d'Easy Expat.

Crédit Photo : Free Digital Photos

lundi 12 janvier 2015

Interview avec Isabelle Guglielmi, fondatrice d'Amériksanté

Isabelle Gugliemi

Dans le cadre de mes « interviews d’expat », je privilégie des parcours de qualité en fonction des demandes qui me sont faites mais aussi et surtout en fonction de mes envies et de mon souhait de montrer la diversité des expériences possibles. Dans le cadre de ces entretiens, je vous propose de rencontrer une femme expatriée, un expat auto-entrepreneur,  et très souvent les deux en même temps afin de mieux comprendre la vie au quotidien en expatriation et parfois au retour de celle-ci (impatriation). Ces interviews démontrent que l’on peut être une conjointe d’expatrié, se réaliser professionnellement et avancer dans sa vie active. 


Ce mois-ci, j’ai rencontré Isabelle Guglielmi, pharmacienne et fondatrice d’Amériksanté qui s’adresse aux francophones qui vivent ou voyagent aux Etats-Unis.

Expat Forever : Bonjour Isabelle. D’où êtes-vous originaire ?
Isabelle Guglielmi : Bonjour Véronique et merci de m’accueillir sur votre blog. Je suis née à Versailles,et j’y ai grandi jusqu’à l’âge de 11 ans. Puis, nous sommes partis habiter Lyon. J’y ai fait tout mon collège, mon lycée et mes études supérieures … donc je me sens beaucoup plus lyonnaise. Je suis mariée et j’ai quatre enfants.

EF : Où vivez-vous actuellement et depuis combien de temps ? 
IG : Nous habitons dans la banlieue de Kansas City aux Etats-Unis. La ville se situe dans l’État du Missouri mais nous vivons dans l’État du Kansas à 10 kilomètres.

EF : Pouvez-vous retracer brièvement votre parcours d’expatriée?
IG : Je suis d’abord partie en Suisse pour effectuer mon stage de fin d’études de pharmacie. En 1995, je suis partie avec mon mari en CSN au Maroc à Casablanca. Nous y sommes restés 16 mois. Lentreprise avec laquelle mon mari était parti en CSN la embauché et nous avons atterris à Grenoble que je ne connaissais pas et que jai du découvrir.
C’est aussi cette même entreprise qui nous a envoyés en décembre 1999, à Taïpei (Taiwan). Nous y sommes restés trois ans et demi. Ce fut une expérience très forte que de vivre dans un environnement chinois. En 2003, nous revenions à Grenoble avec un enfant en plus (la 3ème était née là-bas). Nous avons eu cinq ans d’interlude en France et nous avons déménagé en novembre 2008 dans la Baie de San Francisco, toujours en tant qu’expatriés avec la même entreprise. Nous y sommes restés un peu moins de trois ans. En 2011, mon mari a eu une proposition d’embauche dans une autre entreprise et notre famille a atterri à Kansas City. Cette fois-ci, nous n’avions plus du tout le statut d’expatrié.

EF : Dans quel état d’esprit êtes-vous partie la première fois en expatriation et avec quels objectifs ?
IG : Au début, ma plus grande motivation était de découvrir de nouveaux horizons. C’était la même chose pour mon mari. Notre première expérience commune au Maroc nous a donnés le goût des voyages et des découvertes. Nous avons été piqués par le virus de l’expatriation. Nous avons donc saisi la première occasion pour repartir et même si Taipei ne faisait pas rêver, notre objectif était d’aller découvrir de nouvelles cultures et de vivre une vie différente.

EF : Quelles difficultés avez-vous rencontré lors de votre installation aux Etats-Unis ?
IG : Je pense qu’il y a deux choses qui m’ont freinée à mon arrivée en Californie. 
Arrivée en milieu d’année scolaire, j’ai eu beaucoup de mal à m’intégrer les premiers temps et à trouver mes marques. 
Je crois que je n’étais pas prête à assumer le choc culturel. Et pourtant, j’en avais déjà vécu un de taille à Taiwan 8 ans auparavant. Mais le choc rencontré en Californie était plus incidieux. Finalement j’ai mis du temps à comprendre les codes de mon environnement.
Il y avait tout à recréer : des amitiés, des repères et des habitudes de vie. Je crois que je m’y suis très mal prise la première année, mais ensuite, j’ai pu apprécier le mode de vie et l’environnement exceptionnel de la Californie.
Je crois aussi que cette arrivée aux Etats-Unis coïncidait aussi avec une grande période d’incertitude personnelle : je venais d’avoir un quatrième enfant, j’avais terminé un nouveau cycle d’étude à l’IAE de Grenoble et j’aurai aimé reprendre ma carrière. Cette expatriation remettait en cause cette reprise.

EF : Souhaitiez-vous travailler lors de votre arrivée ?
IG : Oui et non. Je me sentais débordée dans cette nouvelle vie et avec quatre enfants, des accompagnements à faire, un petit garçon de deux ans. Je ne voyais pas comment je pouvais m’en sortir avec un travail. Il m’a donc fallu d’abord m’acclimater à cette nouvelle vie. La seconde année, mon petit dernier est entré à l’école, j’avais donc plus de temps et je me suis investie dans l’association des parents d’élèves (PTA) de l’école franco-américaine de mes deux derniers. Cela me prenait pas mal de temps. A la fin de l’année, j’ai décidé de continuer et même de prendre encore plus de responsabilités, en devenant présidente du PTA. Mais, c’est à ce moment-là, que j’ai commencé à vouloir créer quelque chose. Je me suis rendue compte que je ne m’épanouissais pas du tout dans cette activité bénévole car elle était très prenante et peu gratifiante.

EF : Vous avez créé en 2013 un projet professionnel nomade qui s’appelle AmérikSanté. Comment et pourquoi avez-vous été amenée à développer un tel projet ?
IG : Je suis docteur en pharmacie avec un diplôme français. Celui-ci n’est pas reconnu aux Etats-Unis. Pourtant, j’ai beaucoup d’amies qui me demandent des conseils. Aux Etats-Unis, on trouve des médicaments partout, mais personne n’est là pour les présenter et donner des conseils appropriés pour les utiliser. De plus, l’offre est déroutante. En apparence, il y en a beaucoup, mais dans les faits, l’offre est plus restreinte et moins souple qu’en France par exemple. Il faut donc pouvoir composer et aussi éviter certains pièges dus à la présence en vente libre de nombreux médicaments potentiellement dangereux. L’idée de faire un site web de conseils santé est née de ce constat mais il m’a fallu du temps pour formaliser ce projet ainsi que les services que je pouvais offrir.


EF : Justement, quels genres de services proposez-vous et à qui s’adressent-ils ? 
IG : Mes services s’adressent aux francophones qui vivent ou voyagent aux Etats-Unis. J’ai rassemblé des conseils généraux mais aussi ciblés dans deux ebooks :

Ils sont tous deux en vente sur mon site AmerikSanté au format pdf et sur Amazon au format mobi (Kindle).
En 2015, je souhaite élargir mon offre de services de manière plus directe car jai souvent des questions par e-mail. Jaimerais aussi publier en version électronique et papier un troisième guide pratique sur lauto-médication aux Etats-Unis. 

EF : D’un point de vue personnel mais aussi professionnel, quels avantages trouvez-vous dans la réalisation d’un tel projet ?
IG : D’un point de vue personnel, j’ai énormément appris sur moi-même grâce à ce projet. Je choisis ce que je dois faire et c’est un avantage dans ma vie de tous les jours : cela m’apporte donc beaucoup de satisfactions et d’épanouissements. 
D’un point de vue professionnel, je pense que cela me permet de concilier ma vie de famille et ma profession. Je suis donc plus adaptable et au final, cela me permet de pouvoir mener de front cette activité et ma vie de famille. 

EF : Pensez-vous que l’expatriation rende la gestion de votre projet plus difficile ou au contraire plus facile ? Pourquoi ?
IG : Tout d’abord, je pense que sans l’expatriation, je n’en serais jamais arrivée là car je n’aurais pas eu à me remettre en question de la sorte. 
Plusieurs facteurs m’ont poussée à me lancer dans l’auto-entreprenariat : 
  • le fait de rencontrer des gens qui étaient déjà dans cette démarche-là : la Silicon Valley était un vivier d’initiatives en tout genre, notamment chez les femmes expatriées francophones.
  • être expatriée m’a incitée à m’intéresser aux techniques du web, à lancer mon propre blog (au départ, mon blog d’expat FromSide2Side) et à rencontrer via ce réseau des femmes dans le même cas que moi, comme vous par exemple (je pense que vous avez été la première). J’ai compris que j’avais un message à faire passer, que les techniques modernes pourraient m’aider.

Grâce à tout cela, je peux dire que oui, l’expatriation m’a aidé à me lancer. 
Mais ma situation géographique a parfois tendance à me freiner. Mes services s’adressent à des expatriés et à des voyageurs. Il y en a peu à Kansas City, où, il n’y a pas d’organisation d’accueil expatriés et où peu de voyageurs se rendent. La ville est très isolée en plein centre des Etats-Unis.  Je dois donc aller au delà et me faire connaître via le web. 
De plus et surtout, je n’ai pas de réseaux locaux où je peux me ressourcer et discuter de ma situation avec d’autres. Je pense toujours à la Silicon Valley, où des femmes en situation d’auto-entreprenariat se rencontrent régulièrement pour partager leurs problématiques. Cela me manque beaucoup. 

Q: Que conseillerez-vous à d’autres femmes qui s’apprêtent à suivre leur conjoint à l’étranger pour la première fois ?
IG : Je leur dirais que leur vie professionnelle ne doit pas s’arrêter avec ce départ et que grâce à l’époque  que nous vivons, il est possible de se réinventer. Il faut être solide dans sa tête et arriver avec un esprit ouvert en saisissant toutes les opportunités qui s’offrent à nous. Il faut savoir trouver cette petite étincelle qui se trouve en nous … et oser… 

EF: Quels conseils donneriez-vous à d’autres conjoints accompagnateurs souhaitant développer ou poursuivre une activité professionnelle nomade ?
IG : Mon premier conseil serait de bien définir ce qu’elles veulent développer mais aussi et surtout  de planifier, de mettre en place des stratégies de réussite en étant très claire. Ce n’est pas toujours facile et entre l’idée et la réalisation, il peut se passer beaucoup de temps. 
Mon deuxième conseil est d’ être ouverte aux nouvelles technologies et de ne pas hésiter à demander conseils. 
Enfin, la réalisation d’un tel projet ne peut pas se faire seule. Depuis deux ans, plusieurs professionnelles m’ont aidées pour mettre en place le site, mais aussi des coachs de vie qui m’ont permis d’y voir clair dans mon intention et mon positionnement par rapport à ma vie de famille notamment. Je compte encore me faire accompagner car c’est une démarche qui est difficile à mettre en place seule et à maintenir seule. 

Merci Véronique de m’avoir reçu sur votre blog Expat Forever. 

Merci Isabelle pour votre témoignage et bonne continuation. 

Vous pouvez suivre aussi Isabelle et son site Amériksanté sur sa page Facebook et son compte twitter : @ameriksante


Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation. 

mercredi 17 décembre 2014

Une vidéo sur les enfants de la troisième culture ou Third Culture Kids

J'ai écrit plusieurs billets sur ce blog sur les enfants expatriés que l'on nomme aussi les enfants de la troisième culture, en anglais Third Culture Kids


Mes filles sont des TCK, elles le savent. Elles connaissent le terme anglophone. Mais à ma grande surprise, beaucoup d'enfants qui ont le même mode de vie qu'elles ne savent pas toujours de quoi il s'agit, encore moins leurs parents. 
En effet, cette notion est encore assez peu connue en France car il existe peu de livres sur la question en langue française mais les choses évoluent rapidement. En revanche, il existe de nombreux livres sur le sujet en anglais. 
Pourtant, je pense qu'il est essentiel que les enfants eux-mêmes aient connaissance de l'existence de cette notion. Cela peut leur permettre à l'adolescence et au moment du passage à l'âge adulte de mettre des mots sur certaines de leurs difficultés, de mieux comprendre certaines situations inconfortables auxquelles ils sont confrontés.
En faisant mes propres recherches sur internet pour préparer les conférences sur l'expatriation en famille que je réalise à Shanghai, j'ai dégoté cette merveilleuse vidéo qui explique très bien le concept ... dans la langue de Shakespeare ! Elle vaut la peine d'être regardée car elle résume très bien le concept de TCK, les avantages et les challenges que rencontreront tôt ou tard nos têtes blondes, élevées dans des contextes d'expatriation récurrente. 

Je vous encourage à la regarder d'abord seul puis si vous le souhaitez avec vos enfants. 

N'hésitez à faire part de vos réactions et avis dans les commentaires.





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mercredi 10 décembre 2014

De l'utilité de créer un blog en expatriation

expat blogueuse
Je suis une expat blogueuse ;)

J'ai déjà écrit plusieurs billets sur ce blog à propos du ... blogging et de tout ce que cela m'avait apporté sur les plans personnel et professionnel dans le cadre de mes expatriations récurrentes. 


Pour le site Femmexpat, j'ai fait le tour complet de la question. Pour en savoir plus, lisez mon article publié le 12 novembre 2014 sur le site de la femme expatriée francophone, qui s'intitule Pourquoi créer et tenir un blog en expatriation ?

Est-ce que cela vous donne envie de vous lancer ? Si oui, dites-le moi en commentaire et surtout dites-moi pourquoi ?

Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation au quotidien. 

lundi 1 juillet 2013

Un livre sur l’expatriation au féminin

Un nouveau livre sur l’expatriation vient de sortir ! Delphine Joëlston Marteau vient de publier aux éditions L’Harmattan son premier ouvrage intitulé  L’expatriation au féminin

Après 14 années d’expatriation récurrente aux quatre coins de la planète, Delphine partage son expérience et ses réflexions sur l’expatriation au quotidien. Si comme moi, vous êtes une multi-expat rôdée vous n’y apprendrez pas grand-chose. En revanche, ce livre est parfait pour celles qui s’envolent pour leur premier séjour à l’étranger de longue durée. L’auteur y passe en revue toutes les étapes et les thématiques qui font le quotidien des « femmes d’expat’ ».

Les plus de ce livre 

  • Concis et précis, il va droit au but. Idéal pour les primo-partantes ! 
  • Facile et rapide à lire (111 pages) juste avant le départ, il se glisse facilement dans votre valise surchargée et vous pourrez vous y replonger facilement le moment venu.
  • Il dresse un état des lieux très réaliste de la communauté des conjointes accompagnatrices et met en garde contre les principaux challenges de l’expatriation au féminin. 

Les moins de ce livre 

  • L’auteur ne donne aucune référence (sources, bibliographies, sites internets) ni au cours de son livre ni à la fin pour que ses lectrices aillent un peu plus loin dans leur réflexion. On reste un peu sur sa faim. 
  • L’auteur utilise l’expression « femmes d’expat’ » tout au long de son ouvrage. Elle prévient en début de livre que « cette évocation (…) suscite des attitudes condescendantes … plus ou moins bienveillantes ». Le sachant, j’aurais donc préféré que l’auteur utilise un terme un peu plus valorisant. 


En conclusion, je recommande la lecture de L’expatriation au féminin à toutes celles mais aussi à tous ceux qui partent en expatriation pour la première fois. Néanmoins, ne vous limitez pas qu’à cet ouvrage, sachant qu’il existe une littérature fleurissante sur le thème de l'expatriation tant en français qu’en anglais. 

Bonne lecture !

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous lu des livres sur l’expatriation avant votre départ qui vous ont aidé dans vos préparatifs ? Si oui, lesquels ? Partageons notre expérience pour mieux vivre votre expatriation. 

jeudi 6 juin 2013

Pourquoi l’expatriation est une formidable aventure

L’entretien du mois de juin a été réalisé avec Adélaïde Russell, psychologue et spécialiste de l’expatriation en famille. Nous y avons abordé des questions de santé mentale en expatriation. Pour contrebalancer cet aspect plutôt noir d’un séjour long à l’étranger (dont il faut néanmoins avoir conscience dès le départ), j’ai eu aussi envie de vous expliquer pourquoi selon moi l’expatriation est une formidable aventure à vivre pour soi, son couple et sa famille.


L’expatriation est une formidable aventure pour son propre développement personnel

  • Elle permet de s’ouvrir à une voire parfois plusieurs cultures. Les facettes de cette ouverture sont multiples et sans fin. Il n’y a pas que l’apprentissage de la langue locale. A vous de découvrir votre nouvel environnement culturel à partir d’aspects qui sont au cœur de vos centres d’intérêts. Vous avez une passion pour la cuisine ? Pourquoi alors ne pas découvrir votre nouvel environnement par la cuisine locale et les traditions culinaires de votre pays d’accueil. La même idée peut s’appliquer à d’autres sujets qui sont au cœur de notre vie quotidienne et qui peuvent nous emmener très loin dans la découverte de l’autre et donc aussi de soi. Je pense à la religion, à la vie politique, à la santé mais aussi à des choses plus simples comme les vêtements (traditions et habitudes vestimentaires), le sport (les pratiques sportives locales qui peuvent être ancestrales), etc …
  • Elle permet une véritable introspection sur soi-même : quelles sont mes valeurs, mes principes, mes passions ? Dans le cadre de ce blog, je pense que cet aspect transpire. N’avez-vous pas remarqué à la lecture des interviews de conjoints d’expatriés combien sont nombreux ceux ou celles qui privilégient une passion et un mode de vie ? L’expatriation est un révélateur puissant de votre moi. 
  • Elle peut permettre aussi de diversifier ses compétences et de renforcer ses domaines d’expertise mais avec des techniques et des référents culturels nouveaux. Je vous entends me dire : donnez-nous des exemples ! Celui de Laurence Galambert, qui a créé Easy Social Media est selon moi exemplaire. Marketeuse de formation, elle a découvert en profondeur les réseaux sociaux lors de son séjour américain et en a fait sa valeur ajoutée auprès des petites entreprises et des auto-entrepreneurs français. 

L’expatriation est une formidable aventure pour son couple

  • Si le départ est une décision commune, la préparation du projet rapproche les protagonistes : prises de décisions communes, recherche d’information en équipe, repérages des lieux à deux (voire avec les enfants dans le meilleur des cas) sont autant de moments qui renforcent la communication au sein du couple. Un élément essentiel et facilitateur pour le bon déroulement de l’expatriation. 
  • Elle permet de rompre avec le train-train quotidien. L’expatriation est l’occasion d’élaborer des projets de voyages ou de sorties afin de découvrir son nouveau pays d’accueil. Ces évènements sont l’occasion de construire des souvenirs en couple et en famille. Souvenirs que l’on pourra mobiliser dans les moments de spleen ou à l’occasion d’un nouveau départ pour motiver le couple ou la tribu. 
  • Au final, l’expatriation permet de renforcer ses engagements initiaux de couple, surtout si dès le départ chacun des protagonistes à bien formuler ses attentes et ses objectifs tant personnels que familiaux et professionnels. Le couple forme alors une équipe qui à toute les chances d’être gagnante. 

L’expatriation est une formidable aventure pour sa famille

  • L’expatriation est un moment de recentrage sur soi et son développement personnel. Mais elle est aussi souvent l’occasion de se concentrer davantage sur sa famille et notamment ses enfants, surtout du point de vue du conjoint accompagnateur. S’il menait une vie trépidante de parent actif, il peut enfin se poser pour profiter, s’occuper et écouter ses enfants. Ces derniers en sont souvent très heureux. 
  • L’expatriation est souvent l’occasion pour les couples de fonder une famille en attendant son premier enfant ou en l’élargissant. Ces heureux évènements sont aussi des occasions de se frotter à d’autres cultures parentales, a d’autres manières d’éduquer sa progéniture, rendant ainsi la famille expatriée unique en son genre.
  • L’expatriation resserre aussi les liens de la famille au sens étroit du terme (le couple parental et ses enfants) à la manière des clans. Elle rend le noyau dur familial indépendant : on prend l’habitude de ne compter que sur ses membres car on n’a plus le réseau amical et familial du pays d’origine (du moins au début) ; on se créé ses propres traditions familiales, ses rituels annuels, ses propres codes culturels, que l’on adapte en fonction des pays. La famille devient une tribu ouverte sur l’altérité car en recherche de constante compréhension de la société d’accueil. 

Et vous, qu’en pensez-vous ? Quel est votre vécu en tant que personne, couple et famille expat ? En quoi pensez-vous que l’expatriation est une formidable aventure ou pas ? Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation. 

Crédit photo : Free Digital Photos

mardi 9 avril 2013

Interview avec Frédérique Hermen, conjointe d'expat et créatrice de bijoux

Frédérique Hermen

Une fois par mois, Expat Forever vous propose de rencontrer une femme expatriée, un expat auto-entrepreneur ou parfois les deux en même temps afin de mieux comprendre la vie au quotidien en expatriation. Ces interviews démontrent que l’on peut être un conjoint d’expatrié et se réaliser professionnellement. 
Ce mois-ci, j’ai rencontré Frédérique Hermen qui est aujourd’hui créatrice de bijoux, mais cela n’a pas toujours été le cas !


Expat Forever: Bonjour Frédérique. D’où êtes-vous originaire ?

Frédérique Hermen : Bonjour, Véronique. J’ai toujours vécu en région parisienne et j'ai travaillé en entreprise pendant plus 15 ans à Paris.

EF : Où vivez-vous actuellement et depuis combien de temps ? 

FH : Je vis à Tokyo depuis presque cinq ans où j’ai accompagné mon conjoint expatrié avec mes trois enfants.

EF : Est-ce votre première expatriation ? 

FH : Non, j’ai d’abord quitté la France il y a neuf ans pour les USA, où nous avons vécu quatre ans dans le Michigan dans l’opulente banlieue de Détroit, berceau des fortunes automobiles.

EF: Quelles difficultés avez-vous rencontré au début de votre installation au Japon ?

FH : Ma première mission a bien sur consisté à « installer » toute la famille. Cela prend du temps et de l’énergie mais c’est une période intense en découvertes et nouvelles rencontres. Ce plaisir de l’exploration d’un nouveau pays – et dans le cas du Japon d’une culture très déroutante mais fascinante – des premiers contacts et repérages dans le milieu de la communauté française, a permis d’atténuer les difficultés. Celles-ci étaient surtout liées à l’investissement intense de mon conjoint dans sa prise de poste dans un environnement culturel radicalement différent et donc à son manque de disponibilité, ce qui rend les choses forcément moins faciles et peut conduire à des grands moments de solitude ! Je sais, pour avoir partagé ce sentiment avec d’autres expatriées, que c’est le lot de beaucoup d’entre nous à l’arrivée. Trouver du support auprès de femmes expatriées installées depuis plus longtemps est un bon moyen de passer plus facilement ce cap. C’est ce qui m’a beaucoup aidée.

EF : Vous êtes créatrice de bijoux et vous proposez des ateliers créatifs. Est-ce que cela a toujours été votre activité professionnelle ? 

FH : Non, j’ai fait une grande école de commerce et j’ai eu un parcours classique en audit puis en finance et contrôle de gestion en entreprise principalement dans l’industrie du luxe et de la mode. Lors de notre première expatriation aux Etats-Unis, après une pause d’un an, j’ai repris un poste dans ce domaine. Mais concilier deux vies professionnelles avec trois enfants est plus difficile lorsqu’on est à l’étranger ; j’ai donc choisi de faire une nouvelle pause après deux ans. Ayant eu peu de temps pour mes enfants pendant mes années d’activité professionnelle en France, j’ai souhaité consacrer plus de temps à ma vie familiale pour un temps et ainsi mieux profiter de notre expatriation au Japon.

EF : Comment a eu lieu cette transition personnelle et professionnelle ?

FH : Lors de cette seconde pause professionnelle, j’ai choisi de suivre des cours de bijouterie au Birmingham Bloomfield Art Center et c’est rapidement devenu une passion. J’ai découvert le plaisir de manipuler l’argent, d’explorer les techniques, de les digérer puis de commencer à créer en amateur. Peu après mon arrivée à Tokyo, le hasard des rencontres m’a donné l’occasion de vendre mes créations lors de marchés de Noël. En même temps, je commençais à ressentir le besoin de retrouver une activité suivie. J’ai eu l’idée de proposer des ateliers Bijoux à la communauté française de Tokyo. Et j’ai voulu acquérir plus de compétences techniques : je me suis inscrite à des cours de joaillerie au Hiko Mizuno college of Jewelry qui proposait un parcours à la carte.
Dans le même temps, j’ai rejoint en octobre 2010 l’équipe de Femmes Actives Japon, le réseau de Femmes Actives francophones au Japon, qui venaient d’être créé un an auparavant. Cela m’a remis sur la voie d’un projet professionnel et j’ai participé début 2011 en tant que mentorée au programme de mentorat de Femmes Actives Japon. Un peu bousculé par les événements du 11 mars, ce début de mentorat m’a encouragé à me lancer et à prendre confiance pour développer mon projet d’Ateliers Bijoux comme une vraie activité professionnelle.

EF : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre activité actuelle et comment vous comptez la développer ?

FH : A travers l’Atelier d’F je propose maintenant à Tokyo des ateliers bijoux à une clientèle variée : beaucoup de femmes japonaises anglophones, mais aussi quelques francophones, toujours des françaises ou expatriées francophones, et depuis peu à des expatriées anglophones via le Tokyo American Club. J’ai choisi de développer cette activité en étant relayée par des « agents » ou associations.

Atelier d'F
J’offre à mes clientes l’opportunité d’apprendre les techniques de base pour créer des bijoux en argent (à partir de fil et pièces d’argent et de perles de verre ou semi-précieuses) tout en faisant un vrai bijou à chaque séance. Mes clientes reviennent d’une séance sur l’autre pour explorer les nombreuses techniques de travail de l’argent et se faire plaisir en créant de jolis accessoires.

Atelier d'F

Atelier d'F
Pour l’instant j’ai choisi de ne travailler qu’à mi-temps sur mon activité. Mais j’ai plein d’envies et d’idées pour continuer à transmettre ma passion à travers ces ateliers. J’aimerais aussi pouvoir développer la vente de mes propres créations. Je travaille sur un nouveau site web. Mais je dois continuer à penser cette activité pour qu’elle soit portable, et que je puisse dans un délai raisonnable poursuivre cette aventure dans une prochaine destination.

EF : D’un point de vue personnel mais aussi professionnel, quels avantages trouvez-vous dans la réalisation d’un tel projet ?

FH : Le plaisir de se réinventer, d’oser sortir de ses zones de confort : ce n’est pas facile tous les jours, car il faut du temps pour construire et se faire connaître. Mais les réussites sont d’énormes récompenses, beaucoup plus que lorsqu’on travaille en entreprise. Il faut apprendre à se faire confiance et se lancer.
L’auto-entreprenariat permet aussi une grande souplesse dans l’organisation de son temps, ce qui permet aussi de profiter et d’être présente auprès de ses enfants !

EF : Si vous rentrez en France, pensez-vous continuer cette activité professionnelle ?

FH : C’est la grande question ! Chaque changement de pays amène à se reposer la question de son orientation professionnelle. J’ai la chance d’avoir le choix.
Aujourd’hui, j’envisage sérieusement à retravailler en entreprise. Après, selon le pays où nous « atterrirons », ce sera aussi une question d’opportunités.

EF : Pourquoi ?

FH : Mes enfants ont grandi et j’éprouve le besoin d’une activité professionnelle à temps plein. Mon implication dans Femmes Actives Japon m’a aussi permis de retrouver le plaisir de travailler en équipe, d’avancer à plusieurs sur des projets communs. En tant qu’auto-entrepreneure, on travaille beaucoup seul avec des ressources plus limitées.

EF: Quels conseils donneriez-vous à d’autres conjoints accompagnateurs souhaitant développer ou poursuivre une activité professionnelle nomade ?

FH : D’écouter leurs envies et leurs passions et de ne pas tarder pour se lancer. C’est l’expérience qui permet d’avancer.
De se faire aider pour prendre confiance, de rencontrer d’autres conjoints qui ont eu ce type d’expérience et qui se sont lancés. Trouver une association comme Femmes Actives Japon a été un élément clé de réussite de mon projet. En tant que membre cela m’a apporté de nombreuses occasions de rencontrer des femmes aux parcours professionnels très divers et pour certaines très inspirant.
En tant que membre de l’équipe Femmes Actives Japon, mon implication m’a remise dans une dynamique forte : travailler sur les projets de l’association avec une équipe formidable a joué le rôle d’une borne énergétique ! 
Je conseillerais donc vivement à chacune de s’investir dans un réseau professionnel féminin. Dans le cas de Femmes Actives Japon, les valeurs fondatrices de l’association sont omniprésentes : professionnalisme mais aussi solidarité et partage, diversité et bien sûr convivialité. Les valeurs d’entraide se conjuguent plus couramment au féminin !
Et pour celles qui sont au Japon, n’hésitez pas à prendre contact avec Femmes Actives Japon

EF : Merci Frédérique et bonne continuation !

Si vous souhaitez partager votre expérience de conjoint(e) d’expatrié auto-entrepreneur(e), écrivez-moi à contact@writerforever.com
Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation au quotidien. 

dimanche 10 mars 2013

Mon témoignage sur la transition scolaire des enfants expatriés : du système américain vers le système français


Changer d’école quand on est un enfant n’est jamais ni facile ni agréable. Mais quand on est un enfant expatrié voire multi-expatrié, il s’agit quasiment d’une routine, ce qui ne veut pas dire que cela reste une démarche facile. Tout comme pour les conjoints d'expatrié, les enfants expatriés doivent eux aussi trouver leurs repères, se refaire des amis, parfois apprendre une nouvelle langue et de nouveaux codes. 

Mes filles ont vécu pour la seconde fois de leur vie scolaire ce type de transition en passant cette fois-ci d’une école publique américaine à une école française de l’étranger. Un gros changement pour elles comme pour nous.

Préparer les enfants expatriés au changement scolaire 


Comme je l’ai expliqué au tout début de la création de ce blog, nous avons délibérément choisi une école publique américaine à Chicago pour que nos deux enfants vivent une immersion scolaire et culturelle totale. Mais nous savions aussi qu’après les Etats-Unis, nous irions dans un autre pays et que nous devrions à un moment ou à un autre faire un choix éducatif sur le long terme. Ce choix s’est fait naturellement pour l’école française et donc un établissement français de l’étranger. Pour les préparer à ce nouveau changement académique mais aussi pour conserver un niveau correct en français, nous leur avons fait suivre les cours du CNED en français seulement (lecture, écriture, grammaire, orthographe) en plus de l’école américaine. Lors de notre arrivée à Shanghai, la transition académique a donc eu lieu en douceur car nous avions préparé nos enfants en amont.

Les limites de la préparation à la transition scolaire


Mais nous ne pouvions pas les préparer à tout. Et même si cette fois, elles ne sont pas tombées des nues lors de leur première journée d’école – elles ont d’emblée compris tout ce que la maîtresse racontait – elles ont eu leur petit lot de surprises comme :
  • écrire en cursive avec tout ce que cela implique (Ah ! le respect des interlignes, c’est toute une histoire) fut l’objet de moments de découragement et d’énervement, et ce même si on les y avait préparées ;
  • tenir un cahier propre : l’objet « cahier » est lui-même une nouveauté, d’autant qu’elles doivent en gérer plusieurs. À Chicago, c’était le règne de la feuille volante !
  • sauter une ligne, écrire la date en toute lettre, la souligner, ne pas écrire dans la marge – « C’est quoi une marge ? », me demandent-elles ;
  • écrire « Mathématiques » ou « Français » à cinq carreaux de la marge ;
  • écrire ses devoirs dans un cahier de texte sans faire de fautes ;
  • Sans parler de la discipline qui semble plus stricte dans une classe française que dans une classe américaine : on ne parle pas tous en même temps, on lève le doigt pour prendre la parole, on ne se lève pas de son bureau sans en demander la permission, etc.

Du côté des parents, il y a aussi des surprises. Je leur avais rabâché qu’elles auraient beaucoup plus de devoirs à l’école française qu’à l’école américaine. Et bien finalement, je constate avec surprise que les devoirs écrits et de recherche étaient plus importants et réguliers dans le système américain qu’ils ne le sont actuellement dans notre système français, puisque selon une directive du ministère de l’éducation nationale, les professeurs ne doivent pas donner de devoirs écrits aux enfants à faire à la maison.

La transition du langage : du tout en anglais au presque tout en français


Les progrès en français ont été impressionnants voire détonants ! Le vocabulaire des cours de récréation françaises semblent beaucoup plus haut en couleur que celui des cours de récréation américaines, du moins d’après l’expérience que j’en ai (et elle est, je l’accorde, partielle). Il n’aura pas fallu bien longtemps pour que mes filles découvrent avec plus ou moins de bonheur des expressions familières voire vulgaires de la langue française. 
Il est intéressant d’observer leurs attitudes par rapport à ces découvertes faites sur le tas. Parfois, elles ne comprennent pas forcément du premier coup un mot ou une expression. Puis, grâce au contexte, elles prennent conscience du véritable sens des propos qui leur sont tenus. Mais surtout elles ont conscience des limites de ces progrès en français. Quand elles entendent un nouveau mot dont elles pressentent que l’usage risque de leur causer de gros problèmes à la maison, elles anticipent en demandant le sens du mot entendu dans le bus de l’école ou dans la cour. 
Du jour au lendemain, le déséquilibre des langues qui a caractérisé notre séjour à Chicago est plus ou moins rétabli grâce au programme bilingue anglais français que suivent nos filles. Il est intéressant de noter qu’elles associent la pratique d’une langue en fonction du contexte ou de la situation : le français à la maison ou dans les jeux avec les copines, l’anglais pour le sport ou les activités extrascolaires. Désormais, l’objectif est de maintenir un bon niveau d’anglais et donc leur bilinguisme. Après six mois en Chine, c’est un nouveau défi !

Et vous, quel est votre vécu et celui de vos enfants en matière de transition scolaire lors de votre nouvelle expatriation ? Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation. 

MÀJ du 23/11/2016 :  Il s'en est passé des choses depuis la publication de cet article ! Dans l'ordre, les voici :
— Au bout d'une année scolaire, nous avons retiré nos filles du Lycée Français de Shanghai. Elles ont poursuivi leur scolarité à Dulwich College Shanghai (DCS), une école internationale britannique. Elles y sont restées jusqu'à notre départ de Chine, c'est à dire jusqu'à l'été 2015. Ce fut donc une nouvelle transition scolaire mais elles ont adoré cette école. Je crois que c'est sans doute pour cela qu'elles ont aimé la Chine, pour cette école, l'équipe pédagogique, le campus, les activités extra-scolaires riches et variées, le sport, la qualité de l'enseignement. Et lors de notre départ, ce que j'ai regretté le plus, c'était cette école et son ambiance positive et dynamique.
Mais ce changement d'école a aussi signifié un retour au CNED pour le français en parrallèle de l'enseignement suivi dans cette école internationale. Ce fut donc deux années très remplies scolairemement pour mes filles et nous aussi, parents, puisque nous avons pris en charge nous-mêmes l'enseignement du français avec les outils pédagogiques du CNED, comme lors de notre séjour aux Etats-Unis.
— Été 2015 : retour en France et donc retour dans le système éducatif français. Nous avons choisi un établissement privé catholique pour nos filles. La transition s'est passée en douceur avec une maîtresse de CM2 pour ma cadette très à l'écoute de sa situation. Mais j'ai pris aussi les choses en main en allant la voir assez rapidement après la rentrée et en lui expliquant le parcours scolaire atypique de ma fille. Pour la plus grande entrant en 5ème à la rentrée 2015, l'équipe pédagogique a aussi été à l'écoute de ses besoins. Etant bilingue, elle a pu suivre les cours d'anglais d'une classe de seconde.
Pour le français, nous avons pu voir les bénéfices de l'investissement en temps à faire du CNED le week-end pendant six ans ! Pas de difficultés particulières et même, à la surprise des profs de français apprenant leur scolarité à l'étranger et dans le sysème anglophone, un niveau très satisfaisant.

Au final, elles auront vécu plusieurs transitions scolaires : du sytème américain (4 ans) au système français à l'étranger (Chine, 1 an) vers le système britannique (Chine, 2 ans) et enfin le sytème français en France depuis septembre 2015.

La morale de l'histoire, pour conserver le français dans une telle situation, est qu'il faut selon moi parler français et seulement le français à la maison, et que les parents s'investissent d'une manière ou d'une autre dans l'apprentissage du français (lu, écrit parlé) de leurs enfants.

Crédit photo : Free Digital Photos
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